À l’épreuve de la décentralisation

CNACO Mobilisation

Les stades d’Abidjan, notamment le Stade Félix HOUPHOUËT-BOIGNY et le Stade Alassane OUATTARA, ne sont pas disponibles pour les compétitions locales. Conséquence ? La Fédération Ivoirienne de Football (FIF) a décidé de la délocalisation des matchs, essentiellement au Stade Charles KONAN BANNY de Yamoussoukro où l’ASEC Mimosas est tenue de disputer ses rencontres, à l’exception de celles des 26e et 28e journées dont Bouaké et San Pedro seront les hôtes.

Imprévu à l’entame de la saison, ce changement de terrain ne manque pas de désorganiser la préparation des équipes. Il constitue également un casse-tête chinois pour le CNACO et ses démembrements, chargé de mobiliser les supporters autour des Jaune et Noir. Plusieurs défis sont à relever : un public à conquérir, une mobilisation à bâtir, un «Mur Jaune » à densifier hors de ses bases et des gradins à occuper pour éviter que les joueurs ne se sentent orphelins dans cette dernière ligne droite. «C’est une situation qui nous donne effectivement l’insomnie. Notre mission est de mobiliser les supporters dans les tribunes et de créer une ambiance à même de booster le moral des joueurs. En quittant Abidjan, où nous avons le maximum de nos comités, nous rencontrons forcément d’énormes difficultés à mobiliser et à accompagner comme il se doit les joueurs », confesse, la mort dans l’âme, NOGBOU Miessan André, Responsable de la Zone Sud du CNACO, dont dépend Yamoussoukro.

 

Cette situation est d’autant plus complexe qu’elle vient saper les efforts de mobilisation entrepris depuis la reprise du championnat. Il en va de même pour l’animation autour des matchs, puisque le Mur Jaune ne peut convoyer l’ensemble de ses membres à Yamoussoukro sur plusieurs jours. « La délocalisation a été accueillie avec beaucoup de réserve. Ce n'est pas du tout facile, vu que les matchs hors de notre base se succèdent », confie Ali ELAYAN, premier responsable du Mur Jaune.

 

Qu’à cela ne tienne, tant les mobilisateurs que les animateurs n’entendent pas baisser les bras. « Ce premier match (ndlr: contre le FC Mouna) nous sert de mise en train. Nous allons mettre à profit le temps avant la prochaine rencontre pour sensibiliser toute la ville de Yamoussoukro et les localités voisines afin d’améliorer la présence dans les tribunes », promet NOGBOU André.

 

Idem pour le Mur Jaune qui compte s’appuyer sur l’implication de ses membres pour attirer des sympathisants et donner plus d’épaisseur au mouvement. « Au Mur Jaune, nous avons toujours des stratégies. On s'organise avec tous les comités dans les différentes communes d'Abidjan et, grâce à cette structuration, nous y arrivons tant bien que mal», ajoute Ali ELAYAN avant de préciser : «La stratégie a été bien réfléchie. Mon équipe et moi mettons en mission tous les comités du club afin de mobiliser le maximum de membres pour les différents convois. Et cela nous réussit plutôt bien ! Tout ne peut être parfait, mais on parvient toujours à répondre présent. Nous ferons tout pour l'être jusqu'à la dernière journée à Yamoussoukro, mais aussi dans les autres villes, car "au Mur Jaune, on n’abandonne jamais!"», conclut-il avec détermination.

Pour rappel, l’ASEC Mimosas pourrait terminer sa saison dans la capitale politique ivoirienne. Sur les sept sorties restantes, on sait d’ores et déjà que celles des 24e, 25e et 27e journées s’y dérouleront, en attendant d’être situé sur les 29e et 30e journées.

René KOFFI