ENFIN !!!
Dès l’annonce du tirage au sort des 16es
de finale de la Coupe nationale, un sourire s’est dessiné sur le visage de
nombreux amateurs de football en Côte d’Ivoire. Enfin, se sont-ils exclamés.
Après sept années d’absence, le football ivoirien s’apprête à retrouver, le
temps d’un match, l’un de ses rendez-vous les plus emblématiques : le derby
entre l’ASEC Mimosas et l’Africa Sports d’Abidjan.
Pendant des décennies, cette rivalité a fait
battre le cœur du football national. Elle a animé les débats, rempli les
tribunes et nourri la passion de générations de supporters. Ce match a toujours
été bien plus qu’une simple confrontation sportive : il est un moment de
mémoire collective, un instant où deux histoires se rencontrent.
Depuis l’annonce de cette affiche, on sent
d’ailleurs la température monter progressivement. Les réseaux sociaux sont le
théâtre de quelques escarmouches bon enfant entre supporters. Les téléphones ne
cessent de sonner, avec des amis, parfois éloignés des stades depuis des
années, qui annoncent leur intention de revenir, ne serait-ce que pour vivre ce
moment particulier. Comme si ce derby possédait encore cette capacité unique de
rassembler au-delà des habitudes du quotidien.
Et pourtant, à quatre jours de la rencontre,
une forme d’incertitude demeure. L’enthousiasme est perceptible, mais la
déferlante populaire que certains imaginaient tarde encore à se matérialiser.
Beaucoup observent, attendent, se demandent quelle sera l’ampleur de la
mobilisation autour de ce rendez-vous. Le stade Félix Houphouët-Boigny retrouvera-t-il
l’atmosphère électrique qui faisait autrefois sa réputation lors de ces grandes
confrontations ?
La diffusion tardive d’informations précises
sur les modalités de vente des billets semble également peser sur
l’organisation du déplacement des supporters. Les informations étant connues
depuis hier, mercredi soir, nul doute que chacun se prépare. Dans un contexte
où les habitudes du public ont évolué, la mobilisation ne se décrète plus :
elle se construit.
L’histoire récente nous invite toutefois à
rester prudents dans nos prévisions.
Cependant, en 2019, une confrontation
similaire avait surpris tout le monde par l’ampleur de l’engouement qu’elle
avait suscité, après plusieurs années relativement calmes. Les tribunes
s’étaient remplies, et l’espace d’un après-midi, le football ivoirien avait
retrouvé une part de sa ferveur d’antan.
Assistera-t-on
à un phénomène comparable ce dimanche ? Nul ne peut encore l’affirmer. Mais
beaucoup l’espèrent. Car au-delà du résultat sportif, ce derby pourrait raviver
ces fibres si particulières — jaune et noir d’un côté, vert et rouge de l’autre
— pour le plus grand bonheur d’un football ivoirien qui a toujours grandi dans
la passion de ses supporters.
Benoît
YOU