Les absents ont-ils toujours tort ou raison ?

Éditorial


Il est de bon ton de dire que les absents ont toujours tort. Cette expression rappelle qu’il est souvent facile de critiquer ou de mettre en cause une personne qui n’est pas présente pour défendre son point de vue ou expliquer ses choix.

 

Lorsqu’une personne manque à une réunion, à un vote ou à une discussion, ceux qui sont présents peuvent être tentés de parler en son nom, de lui attribuer une responsabilité ou de considérer qu’elle aurait forcément pris une autre décision si elle avait été là.

 

Au football, cette expression prend une autre dimension. Car, selon le résultat du match, les absents peuvent avoir tort… ou raison.

Lorsque l’équipe gagne largement et produit une belle prestation, ceux qui n’ont pas pu jouer, pour cause de blessure, de suspension ou simplement par choix du coach, peuvent légitimement se dire qu’ils devront travailler davantage pour retrouver leur place. Si l’équipe fonctionne bien sans eux, leur absence n’a finalement pas pesé sur le résultat.

 

Mais lorsque les résultats sont moins bons, le raisonnement peut rapidement s’inverser. Le joueur qui n’a pas joué peut penser que sa présence aurait permis à l’équipe de mieux jouer. Le supporter peut avoir le même sentiment : « Avec lui sur le terrain, cela aurait peut-être été différent. »

 

C’est un réflexe bien connu dans le football. Et notre début de saison en fournit aujourd’hui un exemple, notamment avec les difficultés rencontrées dans la finition. On entend ici ou là que tel attaquant resté sur le banc aurait pu être plus efficace, qu’un autre aurait peut-être transformé une occasion ou que le résultat aurait pu être différent avec certains joueurs sur le terrain.

C’est possible. Mais personne ne peut réellement le savoir.

 

Si un joueur n’est pas titularisé, c’est que l’entraîneur, en fonction de son état de forme, de son travail à l’entraînement, de ses choix tactiques et de l’adversaire, a considéré que cette composition était la meilleure pour commencer le match. Il peut se tromper, bien sûr. Mais il doit pouvoir prendre ses décisions et les assumer.

 

Le football permet toujours de refaire un match après le coup de sifflet final. On peut imaginer d’autres compositions, d’autres changements, d’autres scénarios. Mais on ne saura jamais ce qui se serait réellement passé.

Les absents n’ont donc pas toujours tort. Ils n’ont pas toujours raison non plus.

 

La seule certitude, c’est que chacun doit continuer à travailler pour être prêt lorsque son heure sonnera. Et lorsque cette heure arrive, la meilleure réponse reste toujours la même : le terrain.

 

Benoît YOU